C'est un peintre qui parle, et l'idéal en question est un modèle. Au chapitre IX, Basil Hallward rend visite à Dorian Gray et finit par lui avouer ce que le jeune homme a représenté pour lui : l'incarnation visible de l'idéal que poursuit tout artiste, au point qu'il a craint d'avoir mis trop de lui-même dans le portrait. Il lui demande ensuite de poser à nouveau. Dorian refuse net. Basil répond que ce refus brise sa vie d'artiste, et ajoute cette phrase.
Wilde écrit « No man comes across two ideal things. Few come across one », deux « choses idéales » que la traduction d'Edmond Jaloux et Félix Frapereau (1928), reprise ici, resserre en « l'idéal ». Sortie du chapitre, la phrase se lit comme une pensée sur la rencontre amoureuse. L'adoration de Basil pour Dorian autorise cette lecture, mais ce qu'il réclame à ce moment-là est une séance de pose.